Pollen, dry sift, kief : trois mots pour un même produit
Dans le négoce, « pollen » et « dry sift » désignent la même chose : les têtes de trichomes de la plante, séparées à sec par tamisage. Le mot « pollen » vient de l'aspect — une poudre sableuse, blonde à dorée — et n'a aucun rapport avec le pollen botanique. « Kief » renvoie au kif marocain, où la technique est documentée de longue date.
Cette confusion de vocabulaire a une conséquence très concrète à l'achat : deux offres portant des noms différents peuvent décrire un produit identique, et deux offres portant le même nom peuvent recouvrir des qualités sans rapport. Ce qui départage un lot n'est pas son appellation commerciale, c'est son procédé et son analyse.
Un procédé sans eau, sans chaleur et sans solvant
Le dry sift s'obtient en travaillant la matière végétale sèche sur une succession de tamis aux mailles décroissantes. Les têtes de trichomes, plus denses et plus petites que le reste, traversent les mailles ; les fragments végétaux restent au-dessus. Aucun solvant, aucune eau, aucun apport de chaleur n'intervient.
C'est ce qui en fait le concentré le plus fidèle à la plante de départ. Les terpènes sont volatils et thermosensibles : ils ne survivent pas également à toutes les méthodes. Un dry sift correctement exécuté conserve le profil aromatique de la variété dont il provient, ce qu'une extraction par solvant ne permet pas de la même façon.
Ce que le maillage détermine
La finesse du dernier tamis décide de la pureté du produit fini. Plus la maille est fine, plus la fraction récupérée est riche en têtes de trichomes et pauvre en débris végétaux. Un tamisage grossier donne une poudre plus verte, plus friable, qui se compacte mal ; un tamisage fin donne une poudre blonde qui prend sous la pression du doigt.
Un fournisseur incapable de vous dire à quel maillage son lot a été tamisé ne le sait le plus souvent pas lui-même. C'est généralement le signe d'un achat en revente plutôt que d'une production maîtrisée — ce qui ne disqualifie pas l'offre, mais interdit toute reproductibilité d'un lot à l'autre.
Ce qui distingue un lot premium
| Critère | Lot ordinaire | Lot premium |
|---|---|---|
| Couleur | Verte à brune | Blonde à dorée |
| Texture | Poudreuse, friable | Sableuse, se compacte sous la pression |
| Matière végétale | Visible à l'œil | Absente ou résiduelle |
| Profil terpénique | Faible ou plat | Marqué, reconnaissable |
| Reproductibilité | Variable d'un lot à l'autre | Constante, maillage documenté |
Aucun de ces critères ne se substitue à une analyse. Ils permettent d'écarter rapidement une offre au premier examen, pas de valider un lot.
Ce qu'il faut exiger avant de commander
Trois documents, systématiquement.
Un certificat d'analyse récent et propre au lot — pas au produit ni au fournisseur. Il doit porter le numéro de lot que vous recevrez, et provenir d'un laboratoire dont l'accréditation est vérifiable. Notre guide sur la lecture d'un certificat d'analyse détaille ligne à ligne ce qu'il faut y chercher, notamment la distinction entre THC total et delta-9, qui est la source d'erreur la plus fréquente à l'import.
Une attestation de conformité situant le lot sous le seuil de THC applicable. Le cadre européen et ses transpositions nationales sont détaillés dans notre article sur la réglementation du chanvre en Europe.
Une traçabilité amont remontant au minimum au lot de matière première. Sans elle, un rappel est impossible à circonscrire et un contrôle documentaire à la frontière devient un pari.
Conditionnement, conservation et transport
Le dry sift est plus sensible que la fleur sur deux points : la chaleur, qui le fait s'agglomérer et lui fait perdre ses terpènes, et l'oxygène, qui le dégrade dans la durée.
Nous livrons en sacs de 5 kg, conditionnés par cartons de 25 kg. Ce fractionnement n'est pas arbitraire : il évite d'ouvrir et de refermer un même contenant pendant des mois. Vous n'exposez à l'air que la quantité que vous engagez réellement, le reste du carton reste scellé.
Les conditions d'entreposage et de transit comptent autant que celles du stockage final : un lot irréprochable au départ qui passe trois jours en cabine surchauffée arrive dégradé. Nos standards de qualité et de traçabilité précisent les conditions que nous appliquons entre la réception et l'expédition.
Acheter en volume
Notre seuil d'entrée sur le dry sift est de 50 kg par mois. Le tarif est dégressif et s'établit sur devis, en fonction du volume et de la régularité de l'engagement : un acheteur qui contractualise une cadence mensuelle n'est pas dans la même situation qu'un acheteur ponctuel, et la grille en tient compte.
Nous ne vendons qu'en gros, à des grossistes et à des distributeurs : c'est ce qui permet de tenir ces formats et cette structure de prix. Cette cadence minimale n'est donc pas une barrière commerciale, c'est une condition de constance. En dessous, la matière provient de lots trop hétérogènes pour garantir d'un mois sur l'autre le profil que vous aurez validé.